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Durabilité dans les spas : Isabelle Jan invite à en faire « une façon de prendre soin »

Rencontre avec Isabelle Jan, consultante et formatrice engagée, qui nous donne une lecture de la durabilité à la fois simple et très pertinente.

Bien au-delà de la réduction des déchets ou de la consommation des ressources, elle invite les professionnels du spa à envisager la durabilité comme une véritable culture du soin : prendre soin des équipes, des clients, des lieux, des partenaires et du territoire. Une démarche qui peut également améliorer la qualité de service, l’engagement des collaborateurs et la résilience des établissements.
En cette période de rentrée, où nous prenons tous de belles résolutions, vous apprécierez la justesse des propos d’Isabelle Jan, qui nous propose de considérer la durabilité comme « une façon de prendre soin ».

 

La durabilité, une culture du soin plutôt qu’une gestion de ressources

 

Selon moi, la durabilité n’est pas seulement une façon de gérer les ressources, les déchets ou les produits utilisés. C’est une façon de prendre soin.

C’est ce que j’ai pu observer autour du monde ces quinze dernières années dans des spas, hôtels, centres de bien-être, et lorsque j’étais responsable du développement commercial du label international du Groupe Ecocert « Établissement bien-être durable ».

La véritable durabilité est une culture du soin : prendre soin du vivant, des lieux, des équipes, des partenaires et des clients.

Cela commence par une prise de recul, une analyse globale et un questionnement constant. Chaque choix compte : les produits utilisés, les partenaires sélectionnés, les relations avec les fournisseurs, l’ancrage dans le territoire local, la politique de l’entreprise.

 

 

Prendre soin des équipes, des lieux et des clients

 

Être durable, c’est avant tout prendre soin :

  • de ses collaborateurs, de leur santé et de leur épanouissement ;
  • de son lieu, de son matériel et de ses ressources ;
  • de ses clients, en leur offrant des moments dont les bénéfices se prolongent bien au-delà du séjour ou du rendez-vous.

La durabilité devient alors une invitation à plus de simplicité et d’authenticité. Moins de concepts, plus de cohérence. Moins d’effets d’annonce, plus de qualité.

 

 

Pourquoi communiquer sur ses engagements durables dans le spa et l’hospitalité

 

Dans le secteur du bien-être et de l’hospitalité, communiquer sur ces démarches a son importance. Non pas pour suivre une tendance, mais pour sensibiliser, valoriser et crédibiliser les engagements, partager et accompagner les évolutions nécessaires de nos secteurs de la cosmétique, des spas et de l’hospitalité, en phase avec les enjeux et l’évolution de la société.

 

Des démarches durables ancrées dans le territoire et construites collectivement

 

Les plus belles initiatives durables que j’ai observées ont un point commun : elles sont profondément ancrées dans leur territoire et se traduisent dans chaque détail et manière d’être. Les initiatives sont construites collectivement, réfléchies en équipe et appliquées avec cohérence entre les différents services, avec une vision et une logique d’amélioration continue plutôt qu’une recherche de perfection et de rapidité.

Là, alors, elle n’est pas vécue comme une contrainte ou une liste de normes à respecter. Elle devient un espace de créativité, de bon sens, de réflexions communes et de joie. Une façon d’apporter davantage de vie, même dans les établissements les plus luxueux et exigeants. Elle permet de reconnaître la valeur des lieux et territoires dans lesquels on travaille, et des relations clients/collaborateurs/partenaires. C’est se rappeler l’environnement qui nous entoure et en être reconnaissant.

 

Une démarche vivante, ressentie par les clients

La durabilité n’est pas forcément parfaite ni exhaustive. C’est une démarche vivante. Et lorsqu’elle est sincère, les clients la ressentent : c’est une grande valeur ajoutée subtile. Elle se perçoit dans l’atmosphère d’un lieu, dans la qualité des relations humaines.

La durabilité est aussi un repère. Elle nous reconnecte au temps long dans un monde rapide et saturé d’informations. Elle n’ajoute pas de complexité, elle propose de se projeter dans le long terme et de donner une direction ; elle invite à revenir à l’essentiel, ce qui est là.

 

 

Durabilité et performance : impact, coûts et résilience

Une démarche durable bien pensée ne crée pas seulement de l’impact positif. Elle permet également d’optimiser les ressources, de réduire certains coûts, de renforcer l’engagement des équipes et de construire une activité plus résiliente sur le long terme.

À une époque où beaucoup sont en quête de sens, cette démarche peut simplement être une autre manière de regarder et habiter son métier, son environnement, ses choix quotidiens, et de laisser une trace positive dans le temps.

Je pense qu’au-delà de l’écologie, il faut l’ancrer dans les relations humaines, la qualité de service et la culture d’entreprise. Au fond, la durabilité n’est pas seulement une stratégie ou une norme : c’est être aligné et attentif au vivant.

 

Le conseil d’Isabelle Jan pour démarrer une démarche durable

 

Mon conseil numéro 1 pour commencer : faites un état des lieux global de l’ensemble de vos opérations, des coûts et de vos choix de fournisseurs et produits. Puis définissez une charte et une direction claire.

Et vous, dans votre quotidien ou votre lieu de travail, comment la durabilité prend-elle vie ?

Par Isabelle Jan – Consultante et formatrice engagée.

 

 

Chez Spa-A, nous te connaissons peu Isabelle. Il est temps que tu nous parles de ton parcours.

 

Comment te définis-tu en quelques mots aujourd’hui ? 

Une professionnelle polyvalente, je suis à l’aise dans de nombreux secteurs professionnels. J’ai un double profil, un parcours corporate au sein d’entreprises avec une dimension internationale forte, et celui de thérapeute avec une activité que j’ai réussi à conserver en parallèle. J’y trouve mon équilibre.

J’ai commencé par des études d’infirmière et de sophrologie/relaxation il y a 20 ans, que j’ai complété par des études de communication, des formations en massages, en coaching, en santé intégrative bien avant que ce soit tendance. J’ai longtemps travaillé dans l’hôtellerie et pour des marques cosmétiques. Depuis 12 dans le secteur la formation pour adultes, le conseil et l’accompagnement, la relation client et le développement commercial.

Je suis aussi une passionnée d’écriture, j’écris des poèmes, et je suis une amoureuse de la mer.

 

Qu’est-ce qui t’a inspiré ces réflexions ? Comment et où as-tu les mettre en pratique ?  

Je voyage depuis mes 23 ans et souvent pour travailler, j’ai eu la chance de collaborer avec de nombreuses personnes dans différents pays et de découvrir beaucoup d’établissements. La durabilité a toujours été inscrite dans ma manière de vivre et mes convictions personnelles bien avant que ce mot devienne un sujet incontournable.

J’essaie de toujours mettre en pratique ces réflexions peu importe le poste que j’occupe, c’est une posture interne.

 

Replacer l’humain au cœur des métiers. Quels sont les 3 premiers conseils pratiques que tu donnerais aujourd’hui à un Directeur d’hôtel pour que la DURABILITE fasse sens au sein de son établissement ? Et comment prendre soin de ses équipes et de ses hôtes ?  

D’échanger avec ses équipes, de leur expliquer ce qu’est la durabilité et comment il souhaite la traduire concrètement dans l’hôtel, de réfléchir à la manière de les engager dans des missions qui les intéressent et de les faire participer en valorisant leurs idées.

 

 

Y a-t-il un exemple d’établissement qui a réussi en appliquant ce que tu préconises dont tu puisses nous parler ?  

Il y en a beaucoup à travers le monde qui ont la durabilité dans leur ADN et leur culture. Beaucoup de lieux ne l’affichent pas nécessairement sur leur site ou dans leur communication, mais lorsqu’on s’intéresse à leur histoire et à leur fonctionnement, on comprend qu’ils inscrivent la durabilité dans une vision plus globale.

C’est parfois plus facile dans certains pays ou certaines régions où la culture et le système sont naturellement plus orientés vers ces valeurs et soutiennent ce type d’engagement.

(C’est le cas, par exemple, du Costa Rica.)

 

Tu as quitté ECOCERT, il y a quelques mois, et cela nous interpelle. Peux-tu en parler ? Quel chemin as-tu choisi et pourquoi ?  

Ce n’était ni un choix d’indépendance ni une recherche de liberté, car j’en bénéficiais déjà au sein d’ECOCERT. J’ai simplement choisi de préserver ma santé et mon bien-être. Après presque trois ans de trajets hebdomadaires entre Aix-en-Provence et Toulouse, j’ai dû envisager de quitter mon poste, car un aménagement de mon rythme de télétravail n’était pas possible côté RH. Il faut aussi savoir prendre soin de soi et, parfois, faire des choix difficiles.

 

Quels sont les accompagnements que tu proposes aujourd’hui ?  

Conseil en durabilité pour les entreprises, stratégie de QVT, conseil en projets bien-être/spas, séance de coaching individuel, supervisions de praticiens et formations, ateliers pour les femmes en santé globale et bien-être.

 

 

De toutes les facettes de tes métiers, quelle est celle que tu préfères ?  

Accompagner des personnes et des entreprises, les conseiller et les écouter. J’aime analyser les situations, établir avec elles des plans, créer des stratégies et des projets, et les accompagner dans leur évolution. C’est finalement ce que je fais depuis 20 ans, au travers de différents métiers.

 

Quelle est ta devise dans la vie ? Et au travail ? 

Donner du sens, apporter des choses aux personnes qui nous entourent.

 

Quel est le mot de la langue française que tu préfères, et pourquoi ? 

La douceur, c’est un mot puissant pour tous les aspects de la vie.

 

Qu’as-tu appris de tes expériences en Asie, et que souhaites-tu nous transmettre ? 

Des valeurs de vie comme le sens de la communauté, la gentillesse et le respect, comment cultiver l’harmonie au quotidien.

 

Tu as suivi une formation marketing à HEC il y a quelques mois ? Comment penses-tu l’utiliser ? Etait-ce un défi personnel, un besoin de reconnaissance ou quoi d’autre ? 

C’était une envie d’enrichir mes connaissances. Je trouve très important de continuer d’apprendre tout au long de sa vie professionnelle, j’ai besoin de nourrir mon intellect et ma vision globale. Je travaille depuis de nombreuses années avec des équipes de communication et marketing étant moi-même diplômée en communication. Je souhaitais simplement ajouter des bases solides de marketing à mon travail, HEC étant une référence sur ces sujets. C’est un plaisir d’apprendre en anglais comme je suis bilingue.

 

Propos recueillis par Marie-Paule Leblanc-Peru Présidente bénévole Spa-A.

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Images D.R. et réalisées avec de l’IA.

Marie_Paule Leblanc_Péru

Présidente bénévole Spa-A. — Un parcours de plus de 35 ans à la direction internationale de produits cosmétiques et hôtellerie, dans le développement commercial et marketing. Shiseido, Yves Saint-Laurent, Dior, Thierry Mugler, Clarins, Pure Altitude et le groupe SIBUET ont marqué mon appétence pour le luxe et l'authenticité, en France comme à l'international. Executive Coach formé HEC, pour mettre l'humain au coeur des métiers. Désormais dans la transmission pour fédérer les équipes et passer le relais auprès de nos jeunes soucieux de rejoindre le monde du spa.

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