A la découverte des coulisses de la création des Nouvelles Esthétiques :
le Congrès International Esthétique et Spa MADE IN FRANCE.
J’avoue que je ne m’étais jamais intéressée à cette histoire, et c’est avec beaucoup de plaisir que j’ai visionné le film, qui raconte l’histoire des Nouvelles Esthétiques, cette entreprise familiale, qui s’est transmise des grands parents (Pierantoni, cela devrait vous rappeler quelque chose) à Michèle de Lattre et Laure Jeandemange.
Je pense que vous trouverez le même intérêt et plaisir à découvrir ce qui est un incroyable témoignage de l’évolution de nos métiers, de l’esthétique au spa… 100 % Made in France !
Découvrez le film de l’histoire des Nouvelles Esthétiques.
C’était donc l’occasion de poser quelques questions à Laure et Michèle …
Ce salon a beaucoup évolué et le Village Spa est devenu un rendez-vous apprécié de la profession.
Quelle est la proportion de marques françaises présentes ?
80 % de marques sont françaises. Quant à notre visitorat, il est à 80 % français. Nous avons cependant des délégations très intéressantes, qui viennent du Japon, de la Chine, de Hong-Kong et d’Italie, notamment par rapport à nos éditions internationales. Mention spéciale pour les DOM-TOM, qui constituent toujours de très belles délégations.

Le Made in France a le vent en poupe, c’est ce que nous avons à nouveau constaté sur le Congrès de l’Esthétique et du Spa … Une évidence pour les marques de cosmétiques, mais un challenge pour les fabricants de machines et de textiles.
Les esthéticiennes recherchent du LOCAL, LOCAL, des marques du terroir. On sait que le travail est compliqué en France et que cela coûte cher de produire en France.
Un exemple : le client choisit un prix, c’est comme le bio : nous voudrions tous consommer bio, mais au moment de passer à la caisse, on regarde le prix.
Produire des machines, ce n’est pas simple, tout comme le linge. Regardons RKF : la production française, c’est un savoir-faire, mais qui a un coût.
Comment imaginez-vous l’évolution ?
Les français ne mesurent pas ce que l’on a d’exceptionnel en France, la French Touch, le chic d’un bonjour dans une boulangerie parfois ! C’est cela qu’il nous faut exporter.
Dans un spa, on pourrait mettre en avant le savoir-faire de nos praticiens : « Notre soin signature a été conçu par XXXX, qui a gagné le concours du Meilleur Spa Praticien. Imaginez vous faire masser par la meilleure main de France ? Vous allez adorer… »
On parle beaucoup de la K Beauty. Alors oui, cela marche, mais ce n’est pas miraculeux ! Cela se saurait… C’est une nouvelle tendance, tout comme le « Head Spa ».

Dans le village Spa du Congrès de l’Esthétique et du Spa, nous avons eu plaisir à retrouver les marques cosmétiques, présentes chez Spa-A, qui exposaient.
AMOI PARFUMS, KONCEPT’O, BIOSLIMMING PARIS, BODY SCULPTOR, CHARME D’ORIENT, CONTOUR PARIS, CORPODERM, DECORTE, ELEGANCE CONSULTING, EQUILIBRE ESTHETIQUE, GHARIENI GROUP,GREEN SPA, HYDRAFACIAL, ICOONE, ISI SPA, IYASHI DÔME, L’ANTIBLUES, LB FACIALISTES, LPG SYSTEMS, MESOESTHETIC, NOHEM, OMINISENS, ORIGINE, OUATE, PAOMA, PAYOT, PBI, PHYSIOBELL,PHYTOMER, RKF, THALION, VALMONT, YON-KA.
Beaucoup de visiteurs rencontrés nous ont dit vouloir privilégier le MADE IN FRANCE. Sur la cosmétique, le savoir-faire français est reconnu, mais pour ce qui est des technologies et des équipementiers, cela n’est peut-être pas aussi évident de produire français. En tous cas, c’est aussi la fierté et la réussite d’exporter le savoir-faire français.

L’occasion d’en savoir plus auprès de quelques uns de nos fidèles membres …
Nicolas Bardon (Allcare avec Imoove et Icoone)
Stéphanie Greff-Audran (Body Sculptor)
Maxime Laperche (LPG)
Nadine Vidal (Preti)
Riadh Bouaziz (RKF)
Voici les questions que je leur ai posées
Où sont fabriqués vos produits ? Quelle en est la principale raison ? Y a-t-il des éléments que vous êtes obligés d’importer ? Raison historique ou véritable conviction ?
Pourquoi le choix du Made In France ? Qu’est-ce qui est le plus difficile ou le plus contraignant ?
Comment mettez-vous en avant cet argument et comment vos clients le perçoivent ?

Nicolas Bardon (Allcare : Icoone Imoove)
Gianfranco TUDICO, inventeur franco-italien, a fondé avec sa fille deux sociétés : Allcare innovations en France et I-Tech Industries en Italie. Concepteurset fabricants français de technologies : I-Moove Fit.
Avec la gamme I-Moove, nous sommes présents dans le domaine médical depuis plus de 20 ans, dans la médecine vétérinaire depuis 10 ans, et dans le wellness depuis plus d’un an.
Icoone est né en 2024. Nous sommes installés à Valence. La recherche et développement est en France. Icoone respecte la législation française, et se développe fortement à l’international.
Allcare distribue Icoone.
Qu’est qui est le plus difficile ou contraignant ?
Le plus contraignant c’est le coût, tant sur la main d’œuvre, que le coût d’approvisionnement. 80 % de l’approvisionnement est fait en Auvergne-Rhône Alpes.
On privilégie également des sous-traitants locaux.
Les ressources, pour des PME, ce n’est pas évident, l’agilité n’est pas simple !
Au-delà du prix, on maitrise le process de A à Z : concepteur fabricant avec les brevets, la R & D, la fabrication, la livraison, notre service commercial et après-vente et la formation.
Les charges ne sont pas les mêmes en Pologne ou en France, mais c’est ce qui fait le gage de qualité, c’est un parti-pris, ce sont nos valeurs.
L’attirance pour l’optimisation pourrait faire mourir le Made In France !
A notre échelle, c’est notre ADN, on ne bougera pas nos lignes !
C’est ce qu’apprécie nos clients : l’importance de la relation. Quand ils viennent chez nous, c’est la famille, une famille de marques.
C’est comme quand tu achètes une moto : si tu achètes une Honda, c’est une moto. Quand tu achètes une Harley, c’est faire partie d’une communauté !
C’est d’ailleurs ce qui me fait lever le matin : je connais chacun de nos clients. Ils nous font les retours terrain, ils nous font évoluer.
C’est notre vraie valeur. Au-delà d’un matériel, nous sommes dans une vraie expérience client communautaire.

Stéphanie Greff-Audran (Body Sculptor)
Chez BodySculptor, le Made in France est avant tout une logique de conception et de pilotage : toute notre technologie est pensée, développée et orchestrée en France.
C’est là que se concentrent la R&D, le développement de nos technologies et notre exigence qualité.
Nous avons toutefois fait le choix de fabriquer nos sangles dans notre usine en Tunisie, pour une raison simple : leur savoir-faire en confection textile est remarquable. Ce n’est pas un compromis, mais une organisation complémentaire, où tout reste piloté selon des standards français.
L’enjeu aujourd’hui n’est pas d’être 100 % local à tout prix, mais de faire les bons choix de production. LeMade in France implique des coûts plus élevés, mais aussi une proximité, une réactivité et une qualité que nos clients reconnaissent et valorisent.
Et au fond, BodySculptor est aussi une histoire familiale. Depuis plus de 20 ans, nous construisons cette aventure avec mon père, autour d’une même exigence et d’une vision commune.
Aujourd’hui, je pilote les activités et les sites en France, tandis que mon père, installé en Tunisie depuis 25ans, supervise notre unité de production textile. Cette organisation, à la fois familiale et internationale, est une vraie force : elle nous permet d’allier rigueur et agilité.
Maxime Laperche (LPG)
Chez LPG, tout est fabriqué à Valence et tout ce qui est plasturgie est made in France, en Auvergne-Rhône Alpes. Seule la partie électronique est importée.
La tête de traitement est assemblée en France.
Pour des raisons historiques, le Made in France a une vraie valeur à l’international : on fabrique en France et on exporte des machines en Chine.
Pour ce faire, on organise des visites sur 4 ou 5 jours dans nos usines.
Qu’est qui est le plus difficile ou contraignant ?
Le plus difficile c’est le coût du travail, et on pourrait produire moins cher en Europe. Mais, nous avons aussi cette rapidité et cette agilité : quand le détroit d’Ormuz bloque, pour nous ce n’est pas un souci.
La R & D est également made in France.
Nous sommes surtout implantés dans le domaine médical, avec une certification MDR On peut faire les correctifs plus rapidement. C’est une réactivité pour le marché.
La vraie valeur ajoutée ce sont 7 brevets en 2024. Par exemple, un brevet pour une triple motorisation dans la tête de traitement.
On peut établir un bilan ultra-poussé sur une tablette avec plus de 3 500 protocoles : analyse de fermeté, déstockage ou cellulite, affaissement ou empâtement, on sélectionne les zones et cela crée un protocole via un cloud. Un vrai savoir-faire français !
Que deviennent les anciens Cellu M6 ?
On reprend et on reconditionne les générations précédentes, pour les proposer en appareil reconditionné, avec de la garantie et de la formation.
Notre activité est internationale avec sept filiales (Espagne, Italie, USA, Amérique Latine…). L’innovation et le marketing, ce sont 400 salariés en France et dans les filiales.
En France, LPG, c’est aussi 65 experts sur le terrain tous les jours (commerciales cosmétique, animatrices, techniciens) pour répondre aux besoins de nos clients, sur nos 2500 points de vente, avec des soins signature, des protocoles avec masque collagène, des peelings.

Nadine Vidal (Preti)
Les baignoires spa PRETI sont fabriquées en France dans notre nouveau site de production situé à Andrézieux-Bouthéon près de Saint Etienne, et la très grande majorité des composants que nous utilisons sont également de fabrication française.
Depuis 40 ans, PRETI a toujours privilégié une fabrication 100% française, s’appuyant sur un savoir-faire unique et historique. Fabriquer en France nous permet ainsi de proposer des produits de haute qualité, personnalisables, ainsi que des fonctionnalités spécifiquement adaptées aux professionnels de l’hôtellerie et du spa.
Le marché des baignoires balnéo et des spas est désormais largement envahi par des produits importés de Chine, même chez les professionnels de l’esthétique, du spa et de l’hôtellerie. Défendre le « Made in France», la qualité et le service qui y sont associés, représentent une conviction très profonde chez PRETI. Nous nous battons chaque jour pour défendre ces valeurs et la pérennité de ce modèle économique.
Les contraintes sont effectivement nombreuses et le défi est grand. On parle souvent du coût de la main d’œuvre et des charges qui viennent clairement impacter le coût et la rentabilité des produits Made in France. Mais en tant que fabricant français de produits manufacturés, les contraintes de règlementation, de normes de sécurité, notamment face à l’utilisation de produits chimiques, sont aussi un défi immense. Cela vient directement impacter les capacités de production, les besoins d’investissement et en définitive le coût des produits finis. Enfin, le défi humain est majeur : les métiers techniques sont en tension, et assurer un renouvellement efficace des équipes techniques et une bonne transmission des savoir-faire est un enjeu majeur auquel nous attachons beaucoup d’importance.
Conçu en France ne signifie pas toujours Made in France !
De nombreux clients sont sensibles au Made in France et ont envie d’acheter français. Mais dans un budget d’investissement global, les choix sont parfois difficiles. De plus, le discours des marques invite souvent à la confusion, avec l’utilisation de drapeaux français ou de termes tel que « conçu en France ». Décrypter le discours des marques est difficile pour des non-initiés, et malheureusement, de nombreux clients n’achètent pas français sans le savoir. Dans le doute, une seule solution : demander à visiter l’atelier de fabrication.
Chez PRETI, nous ouvrons les portes de notre fabrication avec fierté.
Douze ans après, on peut toujours retrouver les pièces détachées !
Pour les clients, il y a un vrai intérêt à choisir les baignoires spa PRETI, fabriquées en France : produit haut de gamme, niveau de qualité élevé, possibilités de personnalisation et d’options adaptées aux besoins spécifiques des professionnels …
Mais être fabricant français, c’est aussi assurer un service après-vente de qualité, et une disponibilité des pièces détachées permanente, puisque ce sont les mêmes pièces que nous utilisons au quotidien pour fabriquer nos produits. C’est ainsi qu’après 12 ans d’utilisation, les techniciens PRETI sont intervenus au MOLITOR SPA afin d’effectuer une visite de contrôle et le changement des décors balnéo un peu usés par le temps. Un rafraîchissement réussi pour cet établissement de référence.
Si l’investissement de départ peut parfois sembler plus élevé avec un produit fabriqué en France,lorsque l’on regarde le coût global à l’utilisation, sur la durée de vie du produit, acheter un produit français et de qualité se révèlera bien plus rentable et durable au fil des années.

Riadh Bouaziz (RKF)
Nos produits sont conçus et développés en France, à Belfort, et fabriqués dans nos manufactures à Luxeuil-les-Bains, au cœur d’un territoire historique du textile français. Cet ancrage n’est pas seulement géographique, il reflète une volonté de maîtrise, d’exigence et de continuité dans la qualité.
Notre vision du luxe à la française repose sur le savoir-faire, la précision, l’innovation et la durabilité. Produire en France nous permet de garder le contrôle sur l’ensemble de la chaîne de valeur : la conception, le développement des matières, le sur-mesure, la qualité d’exécution et la constance de nos standards.
Y a-t-il des éléments que vous êtes obligés d’importer ?
Oui, certains éléments relèvent d’un sourcing international, comme le coton SUPIMA ou le coton égyptien choisis pour leur qualité exceptionnelle. C’est le cas également pour des fils de broderie, produits en Europe, réputés pour leur qualité sans égale.
Cette exigence vaut pour l’ensemble de nos composants et de nos partenaires. Notre logique est de réunir les meilleures expertises au service d’un produit fini irréprochable, durable et cohérent avec nos engagements en matière de sustainability.
Raison historique ou véritable conviction ? Pourquoi le choix du Made in France ?
Le Made in France, chez RKF, n’est pas un ornement de communication, c’est une conviction stratégique fondée sur la maîtrise, l’exigence, l’innovation et la responsabilité.
Et cette excellence nous vaut la confiance des plus grandes maisons de luxe.
Qu’est-ce qui est le plus difficile ou contraignant ?
Une production locale implique des coûts plus importants, bien sûr, mais surtout une responsabilité accrue : celle d’être irréprochable.
Une fabrication française avec un positionnement luxe signifie investir dans les savoir-faire, dans les équipes, dans l’innovation, dans les outils industriels, dans la qualité des matières et dans la capacité à faire durer les produits dans le temps.
La contrainte est donc réelle, et nous oblige à ne jamais dissocier le beau, le performant et le durable. Chez RKF, ce choix prend tout son sens car il soutient une vision à long terme. Nous développons des matières et des technologies pour répondre à une double exigence : offrir une expérience textile d’exception et améliorer la durabilité réelle des produits.
Comment mettez-vous en avant cet argument et comment vos clients le perçoivent ?
Chez RKF, Le Made in France, n’est jamais présenté comme un slogan isolé. Il s’inscrit dans un ensemble cohérent : innovation textile, qualité de fabrication, sur-mesure, certifications, responsabilité environnementale et engagement durable.
Les grandes maisons du luxe nous font confiance pour une raison simple : notre promesse repose sur des résultats concrets, technologies brevetées, matières exclusives issues de notre R&D, performance durable. Cette exigence a été reconnue par de nombreuses distinctions internationales à Paris, Milan, Hollywood ou encore au Parlement européen.
Aujourd’hui, les clients ne recherchent plus seulement un produit beau et confortable, ils veulent comprendre son origine, sa durabilité et son impact. Chez RKF, cette transparence et cette responsabilité sont devenues au cœur de notre identité.
En guise de conclusion
le Made in France signifie qualité certaine, mais parfois luxe. C’est un savoir-faire que nous devrions exporter plus souvent et sans aucune honte : la French Touch est appréciée à l’étranger. A nous de savoir faire COCORICO … Avec humilité tout de même !
Propos recueillis par Marie-Paule Leblanc-Peru Présidente bénévole Spa-A.
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