« How to spa » ou comment prolonger l’expérience spa où que vous soyez…
Rencontre avec Maud Ganry, la créatrice française devenue Wellness Experience Designer, qui a conquis les Etats-Unis !
Maud Ganry fait partie des rares personnes qui ont pu obtenir un Visa O-1, visa réservé aux profils présentant des compétences reconnues comme extraordinaires dans leur domaine ! Le visa 0-1 est conçu pour ceux qui démontrent une connaissance approfondie des sciences, des affaires, de l’éducation, du sport ou de l’art, y compris la reconnaissance internationale de leurs travaux (sic).
Maud, vous l’avez certainement croisée chez Spa-A … Discrète et passionnée, elle trace son chemin depuis plusieurs années, avec rigueur et constance. Depuis la création de « HOW TO SPA », son concept est resté le même : prolonger l’expérience spa chez soi, avec des tutoriels de relaxation ou avec des accessoires permettant à chacun de « créer sa bulle de relaxation ».
En devenant maman, elle a eu à cœur de fédérer une communauté ou chacune pourrait partager ses doutes, ses inquiétudes et trouver du sens et créer du lien. Loin des modes et des tendances éphémères, Maud a trouvé sa voie, et sa part de voix… Son univers, inspiré de la philosophie scandinave HYGGE, est à la fois poétique, sensible et sensuel, mais bien ancré dans une réalité. Et si vous la suivez sur les réseaux sociaux, vous ne dégusterez plus votre thé autrement qu’en pleine conscience !

Maud, raconte-nous comment est né How To Spa ? Comment ton offre a évolué ?
How To Spa est né d’un constat terrain lorsque je travaillais en spa : les clients me confiaient leur envie de retrouver chez eux, les bienfaits ressentis pendant leur soin. J’ai alors imaginé un service capable de prolonger cette expérience, avec la même expertise que dans un spa, et pas simplement une recommandation d’un bain chaud avec des fleurs.
J’ai créé des tutoriels de relaxation, qui suivent le rituel du spa, avec des astuces, automassages et recommandations de produits « clean » et éthiques.
Ayant à cœur de proposer un service expert, j’ai collaboré avec Fabienne Crocq, spécialiste en protocoles de massages, pour la partie auto-massage.
L’aventure auprès de ma communauté a continué avec des Kits de Relaxation où l’on trouve des produits et un tutoriel pour recréer son moment bien-être, avec plus d’une quarantaine de marques partenaires.
Il y a quatre ans, j’ai décidé de proposer mon expertise auprès des professionnels du bien-être en développant des Tutoriels de Relaxation comme outil d’optimisation pour le parcours client et les ventes retail, accompagné d’une formation.
Aujourd’hui, j’accompagne les spas à prolonger l’expérience du soin au-delà de la cabine grâce à des outils de fidélisation émotionnelle, des parcours clients plus fluides et des Tutoriels de relaxation personnalisés, permettant aux clients de retrouver chez eux les rituels et sensations vécus pendant leur soin.
L’objectif est de créer un lien durable avec le client, avant, pendant et après sa visite, en enrichissant chaque étape de son parcours, bien au-delà des murs du spa.
Cela passe notamment par une approche plus humaine du questionnaire de santé, une écoute active et une capacité à aider le client à mieux identifier ses besoins. En proposant des conseils personnalisés en lien avec ses attentes, la praticienne instaure une relation de confiance et de sécurité émotionnelle.
Le Tutoriel est un véritable support sur ce point et sur les ventes retail. Il ne s’agit plus de vendre un produit, mais de prolonger l’expérience bien-être à travers des rituels à reproduire chez soi. L’accompagnement devient plus naturel pour le client comme pour la praticienne, qui gagne en légitimité dans son rôle de conseil.
Dans un monde où l’on est épuisé et en sur-stimulation constante, le système nerveux a besoin de s’apaiser. Et aller se « faire un spa » une fois par an ne va pas changer la donne. Ce sont les petits rituels réguliers, intégrés au quotidien, qui vont réguler notre système nerveux et favoriser un véritable mieux-être. En encourageant ces habitudes, le spa reste présent dans la vie du client et nourrit naturellement son envie de revenir, créant ainsi un cercle vertueux bénéfique pour tous.

Qui sont tes clients, ou plutôt clientes ? Que peux-tu nous dire de ta « communauté » ?
Depuis la création de How To Spa, j’ai toujours attiré des femmes sensibles à l’univers du bien-être, en quête de moments de reconnexion dans des vies souvent bien remplies.
Depuis quelques années, ma communauté a évolué vers un public de mamans. Etant moi-même mère de deux filles, c’est en partageant mon quotidien, mes questionnements, mes expériences sur les réseaux sociaux que j’ai créé un lien fort avec ces femmes qui jonglent entre vie professionnelle, vie familiale et charge mentale. Elles savent combien il est important de prendre soin d’elles, mais peinent souvent à trouver le temps ou les outils adaptés pour le faire de façon durable.
Ce que j’observe chez elles, c’est une forte sensibilité à l’humain, au vivant, à l’introspection et à une forme de spiritualité ancrée dans le réel. Elles recherchent du, sens, de l’authenticité et une approche du bien-être qui ne soit ni culpabilisante, ni déconnectée de leur quotidien. C’est ce qui explique le succès de mes kits de relaxation dédiés à la maternité et mes programmes bien-être développés pour elles.

Y a-t-il un type d’établissement qui a pris tes kits ? Ou Comment et où sont distribués les kits de relaxation ?
Pour la clientèle particulière, les kits de relaxation sont aujourd’hui principalement distribués en ligne.
Côté professionnel, j’ai collaboré avec des structures très variées. Des spas équipés d’espaces humides et d’infrastructures complètes, mais également des instituts indépendants désireux de proposer une expérience client plus immersive et plus personnalisée.
Ce sont souvent des établissements qui souhaitent aller au-delà du soin classique. Ils proposent déjà des ateliers bien-être, des accompagnements plus holistiques ou des expériences différenciantes. Les Tutoriels de Relaxation personnalisés s’intègrent naturellement dans cette démarche.

Parle-nous de ton parcours et comment es-tu arrivée à créer How To Spa
Mon parcours est assez atypique. Ingénieure de formation, spécialisée dans le secteur cosmétique, j’ai d’abord suivi une classe préparatoire scientifique avant d’intégrer une école d’ingénieur. Puis je me suis spécialisée dans la parfumerie et la cosmétique grâce à un MBA en Management International de la Parfumerie et de la Cosmétique en partenariat avec l’ESSEC et l’ISIPCA.
J’ai ensuite travaillé pendant près de quatre ans dans l’univers de la beauté et du luxe, aussi bien chez des marques comme Lancôme ou Ella Baché qu’au sein d’agences spécialisées dans le design, le digital et la communication.
J’adorais cet univers, mais au fil du temps, j’ai ressenti un manque de sens. Je passais mes journées derrière un bureau à imaginer des projets sans jamais voir leur impact concret auprès des clients. À cela s’est ajouté un environnement professionnel devenu difficile, jusqu’à un burn-out qui a marqué un véritable tournant dans ma vie.
J’ai alors entrepris une profonde réflexion sur ce qui me faisait réellement vibrer. J’avais besoin de terrain, d’humain et de contact direct avec les personnes. C’est ainsi que j’ai découvert la formation Spa Manager de l’École Internationale du Spa, fondée à l’époque par Sandra Kennou, où j’ai eu la chance d’être formée par des intervenants exceptionnels.
Cette reconversion m’a conduite dans plusieurs établissements emblématiques de l’hôtellerie de luxe parisienne : Six Senses Spa Paris, le Peninsula Paris et enfin le Dior Institut au Plaza Athénée.
C’est justement au Dior Institut qu’est née l’idée de How To Spa. Les clients exprimaient leur désir de prolonger chez eux ce qu’ils avaient vécu au spa. C’est ainsi que j’ai imaginé des outils capables de prolonger cette expérience au-delà de la cabine de soin.
Au même moment, je suis tombée enceinte de ma première fille. Loin d’être un frein, cette double naissance, celle de mon entreprise et celle de ma vie de maman, a profondément nourri ma vision du bien-être et de l’accompagnement.
Depuis, How To Spa n’a cessé d’évoluer tout en restant fidèle à sa mission initiale.

Comment est-ce que l’on développe une marque française depuis les USA ? Quelle a été l’évolution de How To Spa maintenant que tu vis à l’étranger ?
S’implanter aux États-Unis avec une marque française est à la fois un défi et une opportunité. Le côté français reste extrêmement valorisé. Que ce soit dans l’univers du luxe, de la beauté, de la gastronomie ou du bien-être, le savoir-faire français conserve une image très forte de qualité, d’expertise et d’élégance.
J’ai également découvert un marché particulièrement ouvert aux nouvelles idées. Les Américains sont d’excellents entrepreneurs et ils ont une réelle culture de l’innovation. Là où le marché français peut parfois prendre davantage de temps pour accorder sa confiance, les Américains sont souvent prêts à écouter, tester et expérimenter rapidement.
L’envers du décor, rien n’est jamais acquis. Il faut continuellement apporter de la valeur, évoluer et rester pertinent. C’est un marché extrêmement dynamique qui pousse à se remettre en question en permanence.
Depuis mon arrivée aux États-Unis, How To Spa a naturellement évolué vers une dimension plus internationale. Aujourd’hui, mon ambition est d’apporter cette qualité de service à la française, ainsi que notre expertise en cosmétique, parfumerie et expérience spa, à travers des accompagnements destinés aux instituts et spas souhaitant proposer des expériences plus immersives, émotionnelles et durables.
C’est dans cette logique qu’est né mon positionnement actuel de « Wellness Experience Designer ».

Concrètement, en quoi cela consiste ? Peux-tu donner des exemples ?
Concrètement, je travaille avec les établissements sur des problématiques très opérationnelles : fidélisation, rebooking, optimisation du parcours client ou encore développement des ventes retail.
La première étape consiste à analyser les besoins du spa et ses objectifs. Nous réfléchissons ensuite ensemble aux leviers à activer avant, pendant et après la visite du client afin de créer une expérience cohérente et durable. Au cœur de mon accompagnement figurent les Tutoriels de Relaxation personnalisés, conçus pour permettre aux clients de prolonger chez eux les rituels, conseils et produits découverts lors de leur soin.
J’accompagne également les équipes à travers des formations axées sur l’écoute active, l’identification des besoins du client et la capacité à proposer des recommandations adaptées de manière naturelle. Nous travaillons aussi sur les discours de vente, la gestion des objections et l’ensemble des points de contact qui permettent de maintenir le lien avec le client bien après son passage au Spa.
L’objectif n’est pas simplement d’augmenter les ventes, mais de créer une relation de confiance durable, bénéfique la fois pour le client et l’établissement.

Le côté Madeleine de Proust, c’est ce que l’on espère tous que nos clients retrouvent une fois de retour chez eux. Quelle est donc ta proposition ?
Oui complètement. Lorsqu’une personne entre dans un spa, tous ses sens sont activés. Elle découvre un univers visuel apaisant, une musique soigneusement choisie, des senteurs spécifiques, des textures agréables, des boissons ou des infusions qui participent à l’expérience.
Cette stimulation sensorielle crée une empreinte émotionnelle très forte. C’est ce que j’appelle souvent l’effet Madeleine de Proust.
Ma proposition consiste justement à permettre au client de réactiver cette mémoire sensorielle, une fois rentré chez lui.
À travers les Tutoriels de Relaxation personnalisés, nous recréons certains rituels vécus au Spa en utilisant les produits de l’établissement, des gestes d’automassage inspirés des protocoles professionnels, des exercices de respiration ou encore des recommandations sensorielles adaptées.
Comment vois-tu l’évolution du spa et du wellness aux USA ? Et quelles sont les tendances ou les techniques qui pourraient arriver en Europe ?
Les États-Unis ont joué un rôle majeur dans la démocratisation du spa moderne. Là où le spa est longtemps resté en Europe associé à une expérience premium et parfois occasionnelle, les Américains ont su l’intégrer beaucoup plus largement dans leur quotidien
Cette démocratisation a cependant parfois eu un effet secondaire : le terme « spa » recouvre aujourd’hui des réalités extrêmement différentes. Certaines structures proposent une véritable expérience de bien-être globale, tandis que d’autres utilisent ce terme pour de l’onglerie ou le soin du cheveu. En France, nous conservons encore une vision plus traditionnelle du spa : « Soin par l’eau » avec une expérience client plus travaillée.
Le marché américain amorce un virage vers des expériences plus qualitatives, plus personnalisées et plus transformatrices. Les clients ne recherchent plus simplement un massage ou un moment de détente mais un alignement sur leur bien-être physique, mental et émotionnel.
C’est également ce que j’observe dans mes échanges avec les consommateurs américains : ils sont en quête de reconnexion à eux-mêmes dans un monde devenu extrêmement stimulant et parfois épuisant (surcharge mentale, hyperconnexion, stress chronique).
Paradoxalement, je pense aussi que l’essor de la technologie va renforcer la valeur de l’humain. Une consommatrice américaine me racontait récemment son expérience d’un massage réalisé par un robot assisté par intelligence artificielle. Si elle avait apprécié la personnalisation de l’expérience, le choix de la musique, des zones de massage ou encore les ajustements en temps réel, cette conversation m’a surtout confortée dans une conviction : plus certaines prestations seront automatisées, plus le contact humain deviendra précieux.
Demain, l’expérience humaine, l’écoute, l’empathie et la qualité de la relation pourraient devenir les véritables marqueurs du luxe dans le secteur du spa.
Parmi les tendances que j’observe actuellement aux États-Unis et qui pourraient influencer l’Europe dans les prochaines années, plusieurs se distinguent.
La première la longévité. Les concepts de « healthy aging », de prévention et d’optimisation de la santé prennent une place considérable dans les spas américains. L’anti-âge a laissé place à la vitalité durable, la récupération, le sommeil, la mobilité et la qualité de vie à long terme.
Une autre tendance forte : la convergence entre médecine et bien-être. Les frontières entre wellness, récupération, diagnostics préventifs et accompagnement santé deviennent plus poreuses. Certains établissements proposent déjà des séjours mêlant analyses biologiques, suivi médical, nutrition, récupération physique et approches plus traditionnelles du bien-être.
Je vois également émerger une attention croissante portée à la santé mentale, à la qualité du sommeil et à la régulation du système nerveux. Les spas développent davantage d’expériences autour de la respiration, de la méditation, des espaces de récupération profonde et de la déconnexion digitale.
Enfin, un mouvement qui me semble particulièrement intéressant est le retour à des expériences plus simples, plus humaines et plus connectées au vivant. De nombreux consommateurs recherchent davantage d’authenticité, de lien social, de nature et de sens. C’est probablement là que les spas européens disposent d’un véritable atout grâce à leur culture du soin, du rituel et de l’accompagnement humain.

Parle-nous de ta vie d’expatriée. Comment s’est passée ton installation ? Comment as-tu trouvé tes marques ?
L’expatriation a été un challenge pour moi au départ. J’ai d’abord vécu cette arrivée comme une forme de déracinement. J’ai dû laisser derrière moi famille, amis, réseau professionnel et une entreprise qui commençait à trouver sa place en France.
Il a fallu reconstruire des repères dans un environnement totalement nouveau. Notre première année s’est déroulée à Boston, une ville dont je suis rapidement tombée amoureuse. J’y ai retrouvé une dimension très européenne, une richesse culturelle importante et une proximité avec la nature qui m’ont beaucoup plu.
Lorsque nous avons ensuite déménagé dans l’État de New York, dans le Westchester County, il a fallu recommencer une partie de cette adaptation. Aujourd’hui, avec le recul, je considère cette expatriation comme une expérience profondément enrichissante.
Mes filles sont scolarisées dans une école franco-américaine où elles bénéficient à la fois de l’exigence académique française et de la bienveillance du système américain. Les voir grandir dans cet environnement multiculturel est un véritable cadeau.
Cette expatriation m’a également permis de ralentir. En quittant le rythme intense que j’avais en France, j’ai pu prendre du recul sur mon activité, clarifier ma vision et réfléchir à la manière dont je souhaitais faire évoluer How To Spa.
As-tu des projets sur les USA ? Où (le pays est très, très vaste) ? A qui t’adresses-tu ? Qu’est-ce que tes clients pensent que tu peux leur apporter ?
L’obtention récente de mon Visa O-1 ouvre aujourd’hui une nouvelle étape de développement.
Je collabore actuellement avec une société française de conseil qui accompagne des projets spa et wellness sur le territoire américain. Mon objectif est de développer progressivement mon activité auprès des établissements haut de gamme de l’État de New York avant d’envisager une expansion plus large.
Les États-Unis constituent un marché immense et chaque État possède ses propres spécificités. Je préfère donc avancer étape par étape et construire des partenariats solides.
Aujourd’hui, je m’adresse principalement aux instituts, spas et établissements wellness qui souhaitent enrichir leur expérience client et se différencier dans un marché de plus en plus concurrentiel.
Ce que mes clients recherchent avant tout, c’est cette capacité à associer excellence opérationnelle, expérience émotionnelle et fidélisation. Ils perçoivent également dans mon approche une certaine vision française du service : plus personnalisée, plus attentive aux détails et davantage centrée sur la relation humaine.

Y a-t-il une French Touch ? Ce qui est français est-il encore perçu comme qualitatif ? Par qui
Oui, très clairement.
Aux États-Unis, la France bénéficie encore d’une image extrêmement positive dans les domaines du luxe, de la beauté, de la gastronomie et du bien-être. Le savoir-faire français reste associé à l’excellence, à l’élégance et à une certaine exigence de qualité.
On le constate tous les jours. Les boulangeries françaises, les restaurants français, les marques françaises de cosmétique ou encore l’hôtellerie à la française continuent d’exercer une véritable fascination.
Cette image est particulièrement forte auprès d’une clientèle à fort pouvoir d’achat qui recherche des expériences premium et différenciantes. Pour ces consommateurs, la France demeure une référence en matière d’art de vivre.
Je pense que cette réputation constitue une formidable opportunité, mais aussi une responsabilité. Lorsqu’on représente le savoir-faire français à l’étranger, il faut être à la hauteur des attentes qu’il suscite.
Qu’est-ce que tu as adopté de l’American Way of Life ?
S’Il y a une chose que j’ai profondément adoptée depuis mon arrivée aux États-Unis, c’est leur rapport à l’échec.
En France, nous avons parfois tendance à considérer l’échec comme quelque chose qu’il faut éviter ou dissimuler. Ici, il est souvent perçu comme une étape normale de l’apprentissage. Les Américains considèrent qu’une personne qui a tenté, échoué puis recommencé a acquis une expérience précieuse.
Cette vision m’a beaucoup apporté dans mon parcours entrepreneurial. Elle permet d’oser davantage, d’expérimenter et d’avancer sans rechercher la perfection dès le départ.
J’apprécie également leur ouverture face aux nouvelles idées. Les Américains sont curieux, enthousiastes et souvent prêts à tester de nouvelles approches. Cette culture de l’innovation crée une énergie particulièrement stimulante lorsqu’on développe un projet ou une entreprise.
Vivre dans cet environnement m’a naturellement amenée à sortir davantage de ma zone de confort et à envisager certaines opportunités avec plus d’audace.

Qu’est-ce que tu te refuses de prendre ?
Probablement ce que l’on appelle ici la « hustle culture ».
Particulièrement dans l’État de New York, il existe parfois une forme de glorification de la performance permanente : toujours travailler davantage, toujours produire plus, toujours optimiser son temps.
Je comprends ce qui fait la force de cette mentalité, mais elle n’est pas compatible avec ma vision du bien-être.
Depuis la création de How To Spa, je défends l’idée que la performance durable passe avant tout par l’écoute de soi. Nous ne pouvons pas accompagner les autres vers davantage d’équilibre si nous ne sommes pas capables de respecter nos propres besoins.
Je tiens également à conserver une certaine capacité de recul et d’esprit critique. J’aime prendre le temps de réfléchir, de remettre certaines choses en question et de laisser une place importante à l’humain dans mes décisions. Cette dimension fait partie intégrante de ma culture française et je souhaite la préserver.
Quel regard portes-tu sur ce qui se fait en France aujourd’hui ? En matière de wellness notamment ?
Sur le terrain, je constate chez de nombreux professionnels une réelle prise de conscience de l’évolution des attentes des clients. Les acteurs du secteur comprennent que l’on ne peut plus simplement proposer un soin ou une prestation isolée. Les clients recherchent désormais une expérience transformatrice, un accompagnement et un véritable bénéfice durable.
Nous vivons dans un contexte économique, social et environnemental qui génère beaucoup d’incertitudes. Les consommateurs sont plus attentifs à leurs dépenses, plus sélectifs et plus exigeants dans leurs choix. Lorsqu’ils investissent dans une expérience bien-être, ils souhaitent être certains qu’elle leur apportera une réelle valeur.
Le client qui pousse aujourd’hui la porte d’un spa ne vient plus uniquement pour soulager une tension physique ou s’offrir un moment de détente ponctuel. Il recherche un espace dans lequel il peut déposer sa charge mentale, se sentir compris, écouté et accompagné.
C’est pourquoi je crois profondément que l’avenir du spa repose sur la qualité de la relation client. Les établissements qui réussiront seront ceux qui sauront développer une véritable sécurité émotionnelle, personnaliser davantage leurs accompagnements et prolonger leur présence au-delà du temps passé dans l’établissement.
Je constate d’ailleurs que de nombreux dirigeants et Spa Managers partagent déjà cette vision. Les freins existent bien sûr : contraintes budgétaires, enjeux opérationnels, manque de temps ou difficultés à trouver les bons partenaires pour accompagner ces transformations.
Mais la dynamique est là.
Le secteur est en train d’évoluer vers une approche plus holistique, plus consciente et plus connectée aux besoins réels des clients. Et je trouve cela particulièrement encourageant pour l’avenir du bien-être en France.
Propos recueillis par Marie-Paule Leblanc-Peru Présidente bénévole Spa-A.
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