Sauna et Banya, à l’origine du spa, nécessitent un peu de formation …

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Sauna et Banya, à l’origine du spa, nécessitent un peu de formation…

 

Hammams, saunas, banyas, cabine à infrarouge ou dômes : Spa-A a souhaité en savoir plus, et voici donc le premier volet, dédié au sauna et au banya. Dans un prochain article, nous traiterons les cabines à infra-rouge, souvent comparées aux saunas, à tort …

 

 

Questions à notre expert Jean-Jacques Gauthier

 

Les espaces de chaleur sèche ou humide étaient d’usage courant chez les Grecs et les Romains.
Le hammam et le sauna s’inscrivent dans la tradition du bain : bains de chaleur sèche ou humide aux cotés des bains avec immersion.
Ces lieux, attachés à l’origine à l’hygiène corporelle de l’individu, ou aux rituels religieux et familiaux, sont donc aujourd’hui associés à la détente et au bien-être, voire à la santé.
Le sauna et le hammam font partie des équipements de la majorité des spas.
Alors qu’en penser ? peut-on parler réellement de soins, d’effet de mode, de retour vers certaines traditions, de nouveaux besoins… la question est posée !

Force est de constater cependant que :  
– En général, les spa praticiens n’ont pas de formation concernant hammam et sauna dans leur cursus et s’y intéressent très peu,
– Les hammams et saunas sont très souvent en accès libre, sans contrôle et sans accompagnement : les usagers (nous  les Gaulois !) n’en connaissent pas les protocoles d’utilisation car, à l’évidence, ils ne font pas partie de leur culture.
L’utilisation de ces équipements est donc très souvent du « grand n’importe quoi » et les bénéfices que l’on pourrait en tirer ne sont, bien logiquement, pas au rendez-vous.
La nécessité pour les professionnels est donc, dans un premier temps, de connaître, de comprendre, de tester (et peut-être d’apprécier !), de savoir utiliser ces outils afin d’être en mesure, dans un second temps, d’expliquer, de guider le client, et de lui proposer, parfois d’imposer des protocoles d’utilisation de sorte à ce qu’il obtienne un réel bénéfice bien-être et santé.

 

 

Focus sur le sauna

Un peu d’histoire

La pratique du bain de sauna (bain de chaleur) remonte certainement à la préhistoire.
Originaire de l’Asie centrale, le sauna gagne la Russie puis l’Europe du Nord.
Dès le début de l’ère chrétienne, les saunas se développent au départ de la Russie vers la Mongolie, la Laponie et la Scandinavie.
Le sauna va s’institutionnaliser et se développer en Russie, Mongolie, Finlande, Laponie, Norvège et Suède.

 

L’ancêtre du sauna finlandais actuel est le sauna à fumée.

Le sauna à fumée est constitué d’un poêle contenant plusieurs centaines de kilos de pierres, qui sont chauffées au feu de bois durant plusieurs heures. La fumée envahit le sauna et s’échappe par une petite cheminée, après avoir déposé une fine couche de suie qui imprègne le bois du sauna et lui donne un parfum inimitable. A la fin de la chauffe, on éteint le feu, on évacue les cendres et les braises, et on ventile le sauna en ouvrant en grand la porte. Lorsque le sauna est prêt, on obture la cheminée et on ferme la porte.
Si le tas de pierres est suffisamment important, le sauna pourra fonctionner plusieurs heures.
Dans la tradition, les hommes précèdent les femmes, viennent ensuite les enfants ou les personnes fragiles, qui profitent d’une chaleur plus douce.

En Russie on parle de bania (bagna ou banya / le ou la / bania noire ou blanche) pour un sauna moins chaud et plus humide. C’est un intermédiaire entre le sauna finlandais et le hammam. La bania russe conjugue grande toilette (associée aux bains publics), délassement du corps, cure de santé : un indissociable du mode de vie russe et une parfaite expression de la culture.

Au VI siècle, en Finlande le sauna est généralement une pièce construite en rondins de bois, souvent au bord d’un lac. Il est utilisé pour certains rites, afin de remédier à certaines maladies, mais aussi pour rendre moins rudes les conditions de vie.

La cure de chaleur fait sortir le mal du corps et simultanément purge l’âme,

 un double effet santé !

 

 

Le sauna finlandais est par ailleurs une tradition sociale, familiale et intergénérationnelle

 

Une véritable institution, un élément capital dans les relations entre les individus. Durant la guerre froide, le président finlandais Urho Kekkonen (1900-1986), précurseur de « la diplomatie du sauna », y négociait, dans le plus simple appareil, avec les diplomates soviétiques.

Au début du XXème siècle, les athlètes finlandais aux Jeux Olympiques contribuent à faire connaitre le sauna en dehors des pays nordiques. Finlande et Suède exportent le sauna en Europe après la seconde guerre mondiale. Ikéa commercialise un modèle basique de sauna lors de sa première implantation sur le territoire français, en région parisienne… vente très vite abandonnée du fait vraisemblablement d’un « décalage de culture » non profitable à la vente du produit en grande distribution.

On comptait en 2020 environ 3 millions de saunas pour 5,5 millions de Finlandais (1 sauna pour 2 habitants).

Depuis 2014, le sauna à fumée (sauna Voromaa du sud de l’Estonie) et, depuis 2020, le sauna scandinave (sauna Kotiharju et Arla à Helsinki et Rajaportti à Tampere) sont inscrits au Patrimoine immatériel de l’humanité de l’UNESCO. Certaines mesures spéciales ont été mises en place pour protéger certains saunas « historiques » en Finlande.

 


Architecture et conception

Le sauna (traditionnel) se présente sous la forme d’une petite cabane de bois ou d’une pièce recouverte de bois dans laquelle on établit une température variant entre 70 et 110°C.
Les bancs en abachi (bois tendre sans résine ni échardes, peu conducteur de la chaleur) sont disposés à différentes hauteurs.
La cabine est fabriquée à base d’épicéa de forêts nordiques, pin du nord ou hemlock canadien ; on privilégie des bois de contrées au climat rude où les arbres poussent lentement et donnent un matériau qui résiste bien aux variations et aux fortes chaleurs.
Le chauffage est généré par un poêle (kiuas en finnois) à résistance électrique (parfois à bois dans la tradition) sur lequel sont disposées des roches volcaniques (olivines finlandaises).
L’éclairage est généralement doux, de faible intensité.

 

Fonctionnement

Il faut garder au sauna un taux d’hygrométrie le plus bas possible ; on parle de chaleur sèche : forte chaleur et absence d’humidité. On peut régulièrement mettre sur les roches très chaudes un peu d’eau dans laquelle on aura dilué quelques gouttes d’huiles essentielles (eucalyptus, menthol … ) aux vertus curatives, aseptisantes ou/et désinfectantes.

  •  Le fait de jeter de l’eau sur les pierres va faire monter le taux d’hygrométrie ambiant, mais va avoir tendance à faire baisser la température, avec néanmoins une sensation « erronée » de chaleur plus forte (sensation de brûlures au niveau de la muqueuse nasale par la présence d’eau très chaude en brumisation).
  • Si l’hygrométrie est trop forte, le corps aura des difficultés à transpirer et donc à faire diminuer sa température  et  à « éliminer » (avec un risque de souffrance cardiaque).

Avant le sauna : on prend une douche chaude pour se laver, réchauffer le corps et les extrémités et on se sèche bien.

Dans le sauna : Le corps est propre et sec, la nudité est de rigueur (les bijoux métalliques sont proscrits)

  • La position allongée est souhaitable (pour réduire la différence de température entre tête et pieds tête), jambes allongées ou repliées (pour faciliter la circulation de retour) ;
  •  on utilise systématiquement une serviette propre pour mettre sur la banquette (toujours le même côté sur le corps et le même côté sur la banquette !)

On alterne des périodes de bain de sauna et de repos, entrecoupées d’une douche ou d’un bain froid.
On se place allongé ou assis sur les banquettes, immobile, en silence, en effectuant une respiration ample et complète.
La chaleur est  plus forte si l’on se place en position haute : l’air chaud monte.
Une sensation de brûlure au niveau des pieds ou derrière les genoux s’explique par une absence de glandes sudoripares à ces endroits.
Pour stimuler la circulation sanguine, on peut se flageller légèrement à l’aide de jeunes rameaux de bouleau.
Pour améliorer certaines affections, on peut jeter des plantes odoriférantes sur les pierres.
La perte d’eau par transpiration durant le bain de sauna peut être très importante (de l’ordre d’un litre /heure) et la température corporelle peut monter jusqu’à 40 degrés à il est donc nécessaire de s’hydrater régulièrement et abondamment.

 

 

Protocole conseillé :

  • 3 périodes de 5 mn à 15 mn de bain de sauna (sortir dès que l’on transpire sur tout le corps y compris les jambes)
    (en alternance avec)
  • 3 périodes de même durée (voire jusqu’au double du temps d’exposition à la chaleur) de repos allongé au calme, corps sec, après douche ou bain froids + boisson.

Le dernier temps de repos sera un peu plus long.

Principales indications :

  • Éliminer ou diminuer le stress, détendre l’organisme (« calmer les nerfs ! »),
  • Éliminer la fatigue, favoriser la récupération, lutter contre le surmenage,
  • Stimuler la circulation sanguine et améliorer les échanges,
  • Éliminer les toxines de l’organisme (acide lactique, urée, etc),
  • Combattre les courbatures ou tensions musculaires,
  • Améliorer certains états douloureux (rhumatismes) et enrayer certaines pathologies hivernales (rhumes, rhino., bronchites),
  • Renforcer le système de défenses naturelles de l’organisme,
  • Améliorer le sommeil et l’endormissement,
  • Assouplir et nettoyer la peau.

Contre-indications :

Contrairement à ce qui est avancé dans nos pays d’Europe de l’Ouest (où la culture du bain de chaleur n’est pas présente), peu de contre-indications formelles interdisent la pratique du sauna mais certaines mesures de précautions sont à retenir.
Le stress dû à la chaleur a pour conséquence une augmentation du débit cardiaque et donc du rythme. L’état de l’appareil cardio-vasculaire doit donc être pris en compte et certains dysfonctionnements (hyper ou hypotension, insuffisance cardiaque, troubles du rythme, varices, problèmes coronariens) peuvent en interdire la pratique ou imposer des éléments de modération.
De même, certaines affections médicales chroniques et/ou inflammatoires, les maladies associées à une altération de la transpiration, le diabète, les maladies neurologiques (Parkinson, scléroses en plaques, tumeurs du système nerveux central), l’hémophilie, la fièvre sont des états qui contre-indiquent ou imposent certaines restrictions à la pratique.

Certains médicaments sont à éviter : diurétiques, barbituriques, bétabloquants.

Sous l’effet de la drogue ou de l’alcool, les réactions du corps à l’augmentation de température peuvent ne pas être adaptées. La prise d’alcool et/ou de drogue contre-indique formellement la pratique du sauna.
Lors de la période des règles, certaines femmes utilisent ce procédé pour soulager leurs douleurs ; d’autres, au contraire, évitent le sauna pendant cette période du cycle. Durant la grossesse, la prise de précaution est de rigueur surtout pour les femmes qui n’ont pas une pratique coutumière du sauna.
Enfin, pour les enfants, l’immaturité du système de thermorégulation impose la prudence et chez les seniors, la capacité à maintenir une température corporelle stable diminuant avec l’âge, des précautions sont à prendre (périodes plus courtes à des températures plus modérées, périodes de repos plus longues…).

 


Alternative

A côté du traditionnel sauna finlandais, Il existe le sauna à infrarouge, ou plutôt cabine à infra-rouge

  • Pour ce type d’équipement, la chaleur provient de diffuseurs infrarouges installés sur des panneaux en carbone ou céramique orientés vers le corps ;
  • La diffusion de la chaleur se fait par rayonnement (par convection pour le sauna traditionnel) ;
  • La chaleur est moins forte qu’avec un sauna traditionnel : entre 45 et 60° ;
  • Ce type d’expérience pourrait être indiqué pour les sédentaires avec pathologies type arthrose, problèmes cardiaques ou respiratoires.

 

En résumé

Le sauna est une pratique ancestrale de très grande efficacité si les protocoles d’utilisation sont respectés ; apprenons à connaitre le produit et son fonctionnement pour en tirer de réels bénéfices santé et ne plus reléguer la cabine de sauna au titre de l’incontournable mobilier de déco de nos établissements de bien-être !

A découvrir au Mexique : le Temazcal, une tradition maya ancestrale. 

C’est une hutte à sudation, en pierre ou plutôt en terre, avec une ouverture basse. On détoxifie le corps et l’esprit, avec un rituel chamanique : plantes médicinales versées sur les pierres, méditations, prières ou incantations, boissons des mêmes herbes médicinales, avant de se plonger dans une eau froide. Rituel relaxant et détoxinant assuré.

Le bain de sauna est un moment de calme et de sérénité, un soin d’élimination et de détoxination

 

 

Questions à Anne Tarall “Maître Sauna”

 

Chère Anne, on te connait en tant que Directrice Commerciale des Laboratoires Camylle, mais l’on sait moins que tu es Maître Sauna. 

Maître Sauna : L’art de transformer la chaleur en expérience sensorielle

Je suis une passionnée du sauna et de l’aromathérapie, qui fait vivre l’âme de cette tradition grâce aux rituels, aux parfums et à l’écoute du corps.

 

Un métier de transmission et d’émotion

Être Maître Sauna, ce n’est pas simplement surveiller une cabine chaude. C’est orchestrer un véritable voyage sensoriel, en créant des ambiances olfactives uniques et en transformant un moment ordinaire en une expérience extraordinaire. Le Maître Sauna connaît la chaleur, les huiles essentielles, les rythmes de respiration, mais surtout, il sait instaurer un climat de confiance et de lâcher-prise. C’est un métier de présence, de soin, de partage.

 

 

Une passion née d’une culture vivante

Originaire de Sarreguemines, à la frontière avec l’Allemagne, j’ai grandi au contact d’une culture où le sauna est un art de vivre. Dès l’adolescence, j’ai intégré cette pratique à mon quotidien. Là-bas, on va au sauna comme on va marcher ou nager : c’est une habitude, un temps pour soi, un moment partagé. Cette immersion précoce m’a naturellement donné envie d’approfondir cette tradition et de la transmettre.

Une formation rigoureuse en Allemagne

Pour devenir Maître Sauna, je me suis formée en Allemagne, où cette fonction est reconnue et structurée. La formation est complète : physiologie, aromathérapie, animation de rituels, sécurité, gestion des températures, contre-indications… Elle m’a permis d’acquérir les compétences pour proposer une pratique à la fois sécurisante, bienfaisante et enrichissante, adaptée aux besoins de chacun.
Ma pratique va au-delà du simple bain de chaleur : je l’enrichis avec des bols tibétainsun tambour, ou encore des méditations olfactives. Cela permet une reconnexion complète du corps et de l’esprit.
Je suis également convaincue des bienfaits profonds du sauna sur la santé. Je n’ai pas pris d’antibiotiques depuis plus de 20 ans, et je suis persuadée que cette pratique régulière a renforcé durablement mes défenses immunitaires.

Camylle : Le Parfumeur du Spa

Depuis 19 ans, je fais partie de l’équipe des Laboratoires Camylle, une entreprise française forte de plus de 40 ans d’histoire, de recherche et de développement dans le domaine du bien-être.
Camylle est aujourd’hui reconnue comme Le Parfumeur du Spa, et propose une approche unique de l’aromathérapie appliquée aux équipements de bien-être.
Notre gamme Voile de Sauna permet de transformer une simple séance de chaleur sèche en un véritable soin. Chaque fragrance est soigneusement sélectionnée, non seulement pour ses qualités olfactives, mais aussi pour ce qu’elle évoque : un élément, une émotion, une saison, un souvenir.
Nous pensons que le sauna ne devrait jamais être une simple cabine sèche, mais un lieu vibrant de sens, de parfums et d’émotions.

Grâce à Voile de Sauna, les utilisateurs peuvent profiter pleinement de toutes les vertus des huiles essentielles : apaisement, stimulation, respiration, purification, recentrage… Chaque rituel devient un moment à part entière, profondément ancré dans le corps et dans l’instant.


Un art de vivre à transmettre

Pour moi, le sauna est un mode de vie, un art du soin, un rituel d’équilibre. Il m’aide à me recentrer, à me régénérer et à créer. C’est dans cet espace de chaleur et de silence que naissent mes idées de nouveaux rituels ou d’assemblages olfactifs.
Le sauna, c’est à la fois une tradition millénaire et une source d’inspiration contemporaine. Il est temps de le redécouvrir, de le valoriser, et de le vivre pleinement.

 

Propos recueillis par Marie-Paule Leblanc-Peru Présidente bénévole Spa-A.

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Jean-Jacques GAUTHIER
Retrouvez le site d’ Amphorm Consulting
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Anne TARALL
Retrouvez le site des laboratoires Camylle
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Marie_Paule Leblanc_Péru

Un parcours de plus de 35 ans à la direction internationale de produits cosmétiques et hôtellerie, dans le développement commercial et marketing. Shiseido, Yves Saint-Laurent, Dior, Thierry Mugler, Clarins, Pure Altitude et le groupe SIBUET ont marqué mon appétence pour le luxe et l'authenticité, en France comme à l'international. Executive Coach formé HEC, pour mettre l'humain au coeur des métiers. Désormais dans la transmission pour fédérer les équipes et passer le relais auprès de nos jeunes soucieux de rejoindre le monde du spa.

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